Lithium dans les eaux chaudes de la Limagne : Arverne lance l’exploration autour de Riom et Clermont

Et si le sous-sol de la Limagne cachait l’une des matières premières les plus stratégiques de la décennie ? L’entreprise de géothermie Arverne vient d’obtenir un permis exclusif pour rechercher du lithium dans les eaux chaudes souterraines du Puy-de-Dôme. Un dossier à suivre de près pour tout le tissu économique local : derrière l’exploration se profilent des investissements, des emplois et peut-être une nouvelle filière industrielle régionale.

Un permis de cinq ans sur près de 443 km² autour de Riom et Clermont #

L’information a été détaillée par Le Parisien dans son édition du 3 novembre : Arverne, société paloise cotée en Bourse qui se présente comme le premier fournisseur français de solutions géothermales, a obtenu début septembre un permis exclusif de recherches baptisé « Bassin de Limagne ». Il couvre 442,68 km² dans le Puy-de-Dôme, pour une durée de cinq ans, sur un vaste secteur autour de Riom et de Clermont-Ferrand.

Le périmètre n’a pas été choisi au hasard : il se superpose à celui d’un premier permis, « Riom-Clermont-Métropole », qu’Arverne détient déjà pour la géothermie et sur lequel le groupe a fait réaliser une imagerie 3D du sous-sol fin 2024. L’entreprise connaît donc déjà une partie du terrain de jeu.

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Pas une mine : du lithium dissous dans l’eau chaude #

Précision importante pour les riverains comme pour les entrepreneurs du territoire : il ne s’agit pas de creuser une mine. La méthode visée consiste à pomper l’eau chaude des profondeurs, à en récupérer la chaleur pour alimenter des réseaux de géothermie, puis à extraire le lithium dissous dans cette eau avant de la réinjecter sous terre. Un modèle à double production — chaleur renouvelable et métal stratégique — radicalement différent du projet minier d’Imerys dans l’Allier voisin, qui cible lui le lithium contenu dans la roche.

« Dans un premier temps, l’exploration, c’est tout simplement une échographie du sous-sol. Nous cartographions la ressource, sans forage à ce stade », explique au Parisien Thierry Trouyet, directeur général délégué d’Arverne. Le dialogue avec les communes concernées doit commencer début 2027.

L’Alsace a montré la voie avec un potentiel de 43 millions de tonnes #

Si Arverne investit dans la Limagne, c’est que le groupe a déjà validé la méthode ailleurs. Comme le rapportait 20 Minutes en septembre, sa filiale Lithium de France explore les eaux chaudes d’Alsace du Nord, où une évaluation indépendante du cabinet Sproule ERCE chiffre les ressources indiquées et déduites des permis alsaciens à 26 millions de tonnes équivalent carbonate de lithium, pour un potentiel global pouvant atteindre 43 millions de tonnes. La certification des réserves alsaciennes est attendue au premier trimestre 2027.

Dans le Puy-de-Dôme, les premières recherches doivent commencer en 2027, avec notamment des scans 3D pour affiner la connaissance de la structure du sous-sol. Arverne mène par ailleurs un partenariat avec le BRGM, le Bureau de recherches géologiques et minières, pour mieux étudier le bassin clermontois.

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Ce que cela pourrait changer pour l’économie du département #

Pour les entrepreneurs locaux, ce dossier mérite d’être suivi à plusieurs titres.

Une filière potentielle en amont et en aval

Un projet de géothermie-lithium mobilise des compétences très variées : forage, tuyauterie industrielle, chimie de séparation, maintenance, génie civil, transport. Si l’exploration confirme la ressource, les PME et sous-traitants du bassin clermontois seraient en première ligne pour capter une partie de l’activité — comme on l’observe déjà en Alsace autour des sites de Lithium de France.

De la chaleur renouvelable pour les zones d’activité

Le modèle économique d’Arverne repose d’abord sur la chaleur. Des réseaux de géothermie profonde alimentés localement, c’est à terme un argument de compétitivité pour les industriels et les collectivités du secteur, dans un contexte où le coût de l’énergie reste un poste critique pour les entreprises.

Un calendrier encore long

Il faut toutefois garder la tête froide : rien n’est joué. L’entreprise doit d’abord confirmer la présence et la quantité de lithium dans le sous-sol de la Limagne avant d’envisager une quelconque exploitation. Entre l’« échographie » annoncée, les forages d’exploration éventuels et une décision d’investissement, plusieurs années s’écouleront. Les habitants comme les élus seront associés via la concertation qui s’ouvrira début 2027.

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Le Puy-de-Dôme sur la carte des métaux stratégiques #

Le lithium est au cœur de la transition énergétique, batteries de véhicules électriques en tête, et la France cherche à réduire sa dépendance aux importations. Entre le projet d’Imerys dans l’Allier et désormais l’exploration d’Arverne en Limagne, l’Auvergne s’installe sur la carte des territoires miniers et géothermiques de demain. Pour un département qui a bâti son histoire industrielle sur le caoutchouc, voir émerger une filière autour de ses eaux chaudes souterraines aurait une vraie logique : celle d’un sous-sol volcanique qui n’a pas fini de créer de la valeur.

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