Pour les chefs d’entreprise du Puy-de-Dôme, la ligne Clermont-Paris est bien plus qu’un trajet : c’est le lien avec les clients, les financeurs et les sièges parisiens. Son avenir se joue en ce moment. La compagnie ferroviaire Le Train a déposé sa candidature pour exploiter, à partir de décembre 2029, les Intercités Paris-Clermont et Paris-Orléans-Limoges-Toulouse. La SNCF n’est donc plus seule en piste.
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Un appel d’offres de l’État pour dix ans #
L’État a lancé la mise en concurrence de ces deux lignes, regroupées dans un même lot. Selon ici Pays d’Auvergne, l’ouverture à la concurrence prendra effet le 9 décembre 2029, et l’opérateur retenu le sera pour une durée de dix ans. Alain Getraud, fondateur de Le Train, a annoncé la candidature sur les réseaux sociaux le lundi 2 novembre.
Le média spécialisé Voyages d’Affaires précise l’ampleur du marché : 1 130 kilomètres de lignes dans six régions, pour un trafic annuel de 4,5 millions de voyageurs. D’après ce titre, Le Train est le seul candidat face à SNCF Voyageurs, Transdev ayant préféré concentrer ses efforts sur les TER. ici Pays d’Auvergne note de son côté que d’autres acteurs seraient intéressés sans avoir encore déposé de dossier.
Le Train, un challenger qui n’a encore jamais roulé #
La compagnie, créée en 2020 en Nouvelle-Aquitaine, n’a pas encore fait circuler de train en France. Elle s’est d’abord fait connaître avec un projet de liaisons sur la façade atlantique : des trajets directs Bordeaux-Nantes et Bordeaux-Rennes sans passer par Paris, et des trains à grande vitesse sur Paris-Bordeaux et Paris-Rennes, pour lesquels elle a signé des accords-cadres de capacités avec SNCF Réseau en mars 2026.
Elle a déjà tenté sa chance sur des marchés conventionnés, sans succès jusqu’ici : les TER de Poitou-Charentes et le premier lot des Intercités, remportés par SNCF Voyageurs. Elle met en avant une offre « performante », avec la promesse de « trajets fiables, fluides et sans rupture » et d’un « coût public maîtrisé », selon Voyages d’Affaires.
Ce qui ne changera pas, quel que soit le gagnant #
Il faut lever un malentendu : cette concurrence ne signifie pas des trains supplémentaires circulant côte à côte. L’opérateur choisi devra assurer la desserte fixée par l’État, à peu près telle qu’elle existe aujourd’hui, avec un aller-retour de plus, explique ici Pays d’Auvergne.
Le matériel non plus ne dépendra pas du vainqueur. Les nouvelles rames Oxygène, construites par CAF, seront confiées à l’exploitant retenu. Voyages d’Affaires en compte 28, dont 12 pour Paris-Clermont, financées entièrement sur fonds publics pour plus de 700 millions d’euros, et destinées à remplacer les vieilles voitures Corail. Les cheminots affectés aux lignes rejoindront l’opérateur désigné. Et si la SNCF l’emporte, ce sera via une filiale distincte de la maison mère.
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L’enjeu pour l’économie auvergnate : la fiabilité #
Pour les entreprises clermontoises, la vraie question n’est pas le logo sur la locomotive, mais la régularité. Le média local rappelle que la ligne a connu un été caniculaire catastrophique et que la situation s’est encore dégradée depuis, avec une information voyageurs jugée très défaillante en cas de suppression de train.
Quand un rendez-vous client à Paris impose de prévoir une marge de plusieurs heures, ou une nuit d’hôtel de sécurité, c’est un coût direct pour une PME. C’est aussi un argument de moins pour attirer des cadres ou convaincre un investisseur de venir visiter un site. À l’inverse, une ligne fiable reste l’un des atouts du territoire face aux métropoles mieux connectées.
La rénovation des infrastructures par SNCF Réseau, estimée à plus de 4 milliards d’euros selon Voyages d’Affaires, et l’arrivée des rames Oxygène doivent précisément s’attaquer aux retards récurrents. L’appel d’offres ajoute une pression supplémentaire : pour garder la ligne, la SNCF devra présenter une offre au moins aussi convaincante qu’un concurrent qui joue son entrée sur le marché.
Ce que les entreprises peuvent faire dès maintenant #
D’ici 2029, rien ne change dans l’exploitation. Mais la période qui s’ouvre est celle où les attentes des usagers peuvent peser. Les organisations professionnelles, chambres consulaires et clubs d’entreprises du Puy-de-Dôme ont tout intérêt à documenter l’impact concret des retards sur l’activité : rendez-vous manqués, déplacements reportés, frais engagés.
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Ces éléments chiffrés par les entreprises elles-mêmes sont précieux dans les échanges avec l’État et les élus, qui fixent le niveau de service exigé. Pour un territoire qui mise sur l’attractivité de ses entreprises, la qualité du lien ferroviaire avec Paris reste un dossier économique de premier plan.




